Photographe mariage dans les Vosges | Pauline Clair
19-09-2026Tout ce que vous ne verrez pas le jour de votre mariage
Il y a quelque chose que j’adore entendre lorsque mes mariés découvrent leur reportage photo de mariage :
« Ohhh, je n’avais pas vu qu’il était ému ! »
Ou, dans un tout autre registre :
« Mais qu’est-ce qu’elles pouvaient bien se raconter toutes les deux pour être mortes de rire comme ça ? »
Et généralement, moi, je souris.
Parce que je le savais.
J’étais là.
Le jour de votre mariage, vous allez voir énormément de choses. Vous allez rire, pleurer, discuter avec beaucoup de monde, essayer de profiter de vos invités et probablement avoir parfois l’impression que la journée passe beaucoup trop vite.
Mais vous ne pourrez pas tout voir.
Et moi, pendant ce temps-là, je regarde aussi autour de vous.
Après toutes ces années à photographier des mariages dans les Vosges et un peu partout dans le Grand Est, je crois que c’est même devenu un réflexe : je regarde partout.
Pendant une cérémonie de mariage, je ne regarde pas uniquement les mariés
Évidemment, pendant une cérémonie, une grosse partie de mon attention est dirigée vers vous.
Je regarde vos mains, vos regards, vos réactions. J’anticipe le moment où l’un de vous va craquer en entendant quelques mots bien choisis.
Mais je regarde aussi derrière vous.
Papa qui commence sérieusement à avoir les yeux qui brillent.
Maman qui cherche déjà un mouchoir dans son sac.
Une sœur qui rit alors que tout le monde essaie encore de rester sérieux.
Papi qui dort pendant la messe. Si, si, c’est du vécu, dans une magnifique église de Colmar.
Les témoins du marié qui se marrent en chantant fort… et franchement pas toujours très juste dans l’église.
Les copains du fond qui viennent de se lancer un regard et dont je ne saurai probablement jamais ce qu’il voulait dire.
Et les grands-parents. Toujours.
C’est aussi ça que j’aime dans le reportage de mariage : il n’y a pas uniquement ce qui se passe devant moi. Il y a tout ce qui se passe autour.
Quand l’endroit et le déroulement de la cérémonie me permettent de circuler librement, je passe sans cesse des mariés aux invités.
Je reviens vers vous. Je repars vers vos proches. Je regarde ce qui se passe à droite, à gauche, derrière.
Je suis un peu partout.
Enfin… j’essaie de le faire sans que vous ayez justement l’impression que je suis partout.
Et oui, parfois la photographe pleure aussi
Je pourrais vous dire qu’après autant de mariages photographiés, je suis habituée et que je reste parfaitement concentrée derrière mon appareil quoi qu’il arrive.
Ce serait faux.
Il m’arrive régulièrement d’avoir les yeux pleins de larmes en photographiant une cérémonie.
Je vous écoute, moi aussi.
Alors forcément, quand un papa commence à parler de sa fille, qu’une maman craque ou qu’un témoin raconte quelque chose qui touche absolument tout le monde… je ne suis pas complètement imperméable.
Je pleure un peu.
Mais je continue de photographier quand même.
Parce qu’en même temps, dans ma tête, je suis déjà en train de chercher l’image.
Et certains mariages sont particulièrement difficiles pour mon mascara.
Photographier quelqu’un qui pleure, oui… mais pas à n’importe quel prix
Il y a pourtant une chose à laquelle je pense beaucoup dans ces moments-là.
Est-ce que cette personne a envie que je la photographie en train de pleurer ?
Parce qu’il y a une différence entre photographier une émotion et mettre quelqu’un mal à l’aise.
Je peux voir une très belle image se dessiner devant moi et avoir très envie de la faire. Mais je ne veux pas pour autant arriver à cinquante centimètres du visage de quelqu’un qui essaie justement de reprendre ses esprits.
Alors j’observe.
Je garde mes distances quand il le faut. Je fais attention à la personne, à son attitude, à ce qui se passe.
Parfois je photographie.
Parfois je laisse simplement le moment se passer.
Ce n’est pas parce qu’une photographie pourrait être belle qu’elle doit forcément être faite.
Et pour moi, ça fait aussi partie du travail d’un photographe de mariage.
Il n’y a pas que les larmes que je cherche
Parce que raconté comme ça, vous allez finir par croire que mon objectif pendant votre mariage est de faire pleurer absolument toute votre famille.
Rassurez-vous, j’aime aussi beaucoup les gens qui rigolent.
Et pendant un mariage, il y en a partout.
Deux sœurs qui discutent dans un coin.
Des amis qui se racontent manifestement quelque chose de très drôle pendant le vin d’honneur.
Un enfant qui fait n’importe quoi pendant une cérémonie.
Votre maman qui éclate de rire.
Votre grand-père qui discute avec quelqu’un qu’il n’avait pas vu depuis longtemps.
C’est aussi ce que j’aime lorsque je photographie un mariage dans les Vosges, sur les hauteurs de Gérardmer ou ailleurs dans le Grand Est : chaque journée a ses personnages et ses petites histoires.
Toutes ces photographies-là ont leur place dans votre reportage.
Même si vous n’êtes pas dessus.
Parce que votre mariage, ce sont aussi les gens qui sont venus pour vous
Quand une future mariée me dit que ce qui compte pour elle, ce sont ses proches, sa famille, ses parents, ses grands-parents, j’ai généralement envie de lui répondre :
« Vous avez tellement raison. »
Bien sûr que je vais faire de belles photographies de vous deux.
Mais dans dix, vingt ou trente ans, je pense que certaines photographies auxquelles vous ne pensez même pas aujourd’hui auront pris une place énorme.
Un regard de votre papa pendant la cérémonie.
Votre grand-mère qui rit à table.
Vos frères et sœurs ensemble.
Vos amis complètement déchaînés.
Ce sont aussi ces personnes-là qui racontent votre mariage.
Et je crois que c’est pour ça que je passe autant de temps à regarder ailleurs.
Et puis, quelques semaines plus tard…
Vous êtes au studio, à Fraize, dans les Vosges.
On regarde ensemble votre reportage de mariage.
Vous connaissez évidemment les grands moments puisque vous les avez vécus.
Et puis une image apparaît.
Vous vous arrêtez.
« Ohhh… je n’avais même pas vu qu’il pleurait. »
Une autre.
« Ouh là là… mais qu’est-ce qu’elles se racontaient toutes les deux ? »
Et moi, souvent, je me rappelle très bien du moment.
Parce que pendant que vous étiez occupés à vivre votre mariage, j’étais aussi là pour regarder tout ce que vous ne pouviez pas voir.
Pauline Clair, photographe de mariage depuis 2011 dans les Vosges, je me déplace également à Gérardmer, Épinal, Lunéville, Nancy, Colmar et plus largement dans le Grand Est. J’aime construire des reportages où vos photographies racontent bien sûr votre histoire à deux, mais aussi tous ces liens, ces regards et ces petites choses qui se passent autour de vous.